Au vu du ton "mieux vaut tard que jamais" dans lequel semblent s'inscrire les premiers articles de ce début de blog, je me devais, pour en préserver l'unité naissante(comme on dit) d'honorer une de mes promesses, faite dans un moment d'égarement et certainement sous l'effet une subtance hallucinogène quelconque .Je vais donc m'y atteler en vous parlant d'un personnage qui traîne souvent à l'INTERIEUR de mon lycée, suffisament louche pour que j'y consacre un article entier.
Je dis louche car ledit monsieur est un professeur -ce qui est en soi n'a rien de particulièrement bizarre (quoique les ex-Titaniens connaissent
mon avis sur cette curieuse confrérie dont les membres présentent une large palette de pathologies mentales)- qui combine des caractéristiques à priori banales mais qui font de lui an out standing man.(l'anomalie psychique du monsieur en question se trouve être un dégoût caractérisé pour la langue de Sheakspeare, Dieu (et certains initiés) seul sait pourquoi...)
En bonne scientifique que je suis, il me semble approprié de commencer par nommer ce que je suis sur le point de disséquer. Pas que mon sujet soit une célébrité ou que son nom reflète sa personnalité tortueuse mais par simple courtoisie. Donc voilà: il s'apelle Michael Serra.
Le nom est lancé, le reste suit. Monsieur Serra, Michael, Mic, Mimi (non, ce n'est pas une fantaisie de mégalomane qui veut incruster son nom partout : ce plagiat a été commis, d'après l'aveu du concerné lui-même, par sa grand-mère), Wridn (sans commentaires)...
Let's start the story: Il y a environ 33 ans à Meknes (Maroc), éclata un orage effroyable qui paralysa la ville pendant plusieurs heures. Au même instant, dans une clinique de la banlieue résidentielle de Dijon, une jeune femme donnait naissance à un adorable petit bonhomme . L'orage toucha plus particulièrement un certain lycée Paul Valéry où il provoqua la chûte d'un arbre de belle taille, qui eut la malencontreuse idée , en tombant, de venir démolir le crâne d'un professeur d'anglais.
Cet homme autoritaire et prude à l'extrême était le père d'un petit garçon de 8ans, maladif, maigrelet et déjà terriblement sournois et hautain. Rappelez-vous de lui, il est amené à réapparaître dans la vie du bébé Dijonnais.
Bébé Michael ,(nommé d'après George Michael, dont la tante du garçonnet était fan)pour en revenir à lui, grandissait, dans la joie et l'insouciance. Enfin grandissait...Les années passaient, ça c'était sûr. Mais Michael, par ailleurs un très joli enfant souriant généreux et espiègle comme le sont tous les enfants heureux, semblait se refuser à grandir. Dans le sens propre du terme, j'entends. Les centimètres se refusaient à s'ajouter à la taille de l'enfant. A chaque anniversaire, ses parents, follement angoissés, le soumettaient au rituel dit du chêne-mètre. Le tronc du splendide arbre portait les stigmates de cette pratique qui consistait à plaquer le petit Michael bien droit contre le tronc et à faire une encoche , immortalisant la croissance du fils aimé. Mais dans ce cas précis, il n'y avait pas de croissance à immortaliser. La famille, consternée, parlait déjà de nanisme et s'inquiétait du sort du petit garçon. Ce que personne n'avait saisi, c'est que Michael, comme Oskar dans le Tambour , avait tout simplement jugé inutile de "pousser". Il trouvait tout plus beau vu d'en bas. A 8 ans il en paraissait la moitié. Les jolies jeunes filles n'étaient que douceur et cajolerie pour lui, alors qu'elles se moquaient des autres "grands" garçons. A quoi bon s'embarasser de centimètres en plus ?

Michael semblait bien parti pour devenir le nouveau Tom-pouce. Mais un évènement fondateur devait modifier cette petite existence. A l'âge de 10 ans, son père ,désireux d'ouvrir son fils à de plus vastes horizons que ceux de Dijon, cité par ailleurs charmante, l'emmena à une photo-exposition qui avait pour thème "Grandeur et Vastitude de la Planète" (...où l'on voit mes talents de trouveuse de thèmes de photo-expostions...)
L'enfant fut subjugué. Les clichés monumentaux le dominaient de toute leur hauteur, l'écrasant presque.
Mais un en particulier le fascina.C'était celui-d'une adorable fillette algérienne, dont les grands yeux noirs semblaient manger le visage hâve et creusé. Elle avait un sourire lumineux. Un sourire qui transperça le coeur du petit Michael. Il demanda à son père s'il pourrait jamais aller en Algérie rencontrer cette petite fille . Monsieur Serra père regarda son fils d'un ton grave et répliqua :"Mon fils, l'Algérie est un grand pays de grands". (...oui bon, je ne suis pas César, adressez-vous à quelqu'un d'autre pour les phrases qui tuent...).
Michael avait enfin une raison de grandir, ce qu'il se dépêcha de faire, en petit garçon consciencieux qu'il était.
Il ne deviendrait jamais un basketteur ça non. Mais on ne pouvait plus le confondre avec un Hobbit blond.
Michael devint un adolescent comme tous les adolescents: bête, boutonneux et rebelle . Il se perça l'arcade gauche (comme Obispo son idôle d'alors...on a tous un passé inavouable...), brûla son quota de voitures, et eut des mauvaises notes à l'école. La "rebellité" de Michael était toute entière la cause d'un ennui mortel, doublé d'une passion ardente, inextinguible, qu'il n'avait cessé de nourrir depuis ce fameux jour à la photo-exposition . Et oui, vous l'aurez deviné (mes talents d'inventeuse d'histoire sont aussi développés que ceux de trouveuse de thème pour photo-exposition non ?) Michael était tombé amoureux de la gamine au sourire d'ange qui vivait dans ce pays où il fallait être grand pour exister.

Revenons-en au piètre parcours académique de Michael. Il n'était pas particulièrement abruti, bien au contraire.
Mais tout ce que l'école de la République proposait le faisait "chier" (je cite).
C'est pourquoi, à l'âge de 20 ans, il fit son sac à dos, embrassa sa mère, son père, sa soeur, son grand-père... toute la smallah Serra quoi, et il quitta Dijon et la France pour se lancer à l'aventure et surtout à la quête de son amour secret.

A partir de là sa trace se brouille. On retrouve trace de lui en RDC (un témoin interrogé déclare se souvenir d'un "gringalet bronzé qui cherchait les pygmées"), en Chine, à Cuba (où il développa un gout immodéré pour le cigare dont ses quenottes gardèrent les traces) et en de nombreuses autres contrées. Il eut beaucoup de conquêtes mais ne resta attaché à aucune bien longtemps. Ses ex, interrogées,témoignèrent toutes de l'amour de Michael pour le monde et la vie mais déclarèrent que celui-ci "était en quête de quelque chose, on ne savait pas trop bien quoi". Quelque chose qui le poussait tôt ou tard à rompre des histoires pourtant épanouissantes.
And then one day, one magic day he passed my way (je suis en train d'écouter Nature Boy, la reprise de David Bowie et Massive Attack). Je le rencontrai pour la première fois dans mon lycée à Meknes, où il s'était vu attribuer le poste de prof de sport après une année comme surveillant. C'est en classe de première que j'ai réellement fait connaissance avec lui, poussée par Ghita, une de mes amies qui le trouvait déjà absolument irresistible en seconde (...quelqu'un a pensé a emmené cette fille chez l'ophtalmo?...). En début d'année de première, j'ai choisi le menu volley, un peu au hasard je l'avoue, car avec ma jambe récemment ressoudée, je ne comptais pas sérieusement faire de sport cette année. Aucun hasard en revanche chez Ghita : elle choisit expressément celui qu'animait le nouvel élu de son coeur. Ma Ghita-coeur d'artichaud collectionne les coups de coeurs, mais je dois admettre qu'elle n'a jamais fait montre d'autant de constance que dans cette idylle à sens unique. J'admire Mr Serra de n'avoir pas rembarré cette mouche du coche, qui le guette à chaque récré et nous saoule avec "Serra, il est trop mignon, Serra je l'aime, Serra quel homme ,Serraaaaa !". Il doit avoir l'impression que son ombre s'est mise à parler. Ghita est où Michael est. Pourquoi Ghita a t'elle fait club photo ? Pour "Serra"(c'est comme ça qu'elle l'apelle). Pourquoi Ghita, alors qu'elle a devoir de maths, va se farcir un spectacle de danse pourri ? Parce qu'elle pensait que Serra y serait (ce traître lui a finalement fait faux-bond). Limite du harcèlement... Mais Mr Serra aime bien Ghita. On ne peut pas détester sa groupie, pas vrai ?
Mais cette patience, cette sérénité, Michael la doit à sa rencontre avec l'Amour de sa vie. Enfin, après des années de quête déséspérée, celle qu'il nomme son étoile est enfin entrée dans sa vie...
La rencontre s'est faite par hasard qui a, une fois n'est pas coutûme, bien fait les choses. Par un chaud après-midi de Juin, alors que Michael travaillait à rénover la splendide demeure juive qu'il s'est acheté à Sefrou (pour en faire une maison d'hôte : c'est réellement splendide
regardez), une frêle silhouette, aussi gracieuse que gracile s'avance avec assurance sur la terrasse. Michael approche de la jeune femme, un sourire engageant (d'attrape touriste) sur les lèvres. Elle le regarde fixement et lui rend son sourire. Michael s'arrête net. Ce sourire...cette lumière...ces yeux... c'est Elle! Ils ne se quitteront plus.

J'ai moi même rencontré cette jeune personne. Il faut préciser que jusqu'à très récemment je ne la connaissais que par l'intermédiaire du blog de Michael. J'y avais laissé sous le nom de lulubellouft (moi et les pseudos...toute une histoire !) quelques commentaires bien sentis qui l'avaient froissée (le mot est faible).
En fait, d'après ce qu'elle m'a dit, j'ai "failli foutre son couple en l'air avec [mes] commentaires"...Le jour où elle m'a dit ça, j'ai bien cru qu'elle allait échapper aux bras de Michael pour venir me crever les yeux , me scalper, m'arracher les ongles avce une tenaille... Sacré caractère !
Mais j'imagine qu'il faut avoir du tempérament pour vivre avec un artiste. Car Michael est un photographe talentueux (confer le lien Meknes-blog). J'utilise d'ailleurs certains de ses clichés pour illustrer cet article.
Pour conclure, parce que là j'en ai plein le dos de taper : Monsieur Serra est un type super gentil, très ouvert, très drôle (sisi, il faut l'écouter lâcher ses vannes tout doucement), très voyageur et très amoureux (désolé pour Ghita!). Je l'adore ! Et maintenant l'article est fini, je ne rajoute pas une ligne de plus, je n'ai pas dit la moitié de ce qu'il y a à dire mais j'en ai marre.


PS: en relisant, je me suis apperçue que j'avais oublié de parler du rôle (infime, soit dit en passant) du petit gosse dont le père s'est fait écrabouiller par un arbre. C'est pas la peine, il suffit de savoir qu'il n'est pas devenu meilleur en grandissant. Ca vous renseigne sur mes talents de romancière...
PPS: toute l'histoire et ben c'est qu'une invention.
PPPS: Merci à Monsieur Serra Michael pour les photos , en espérant qu'il pardonnera mes petites(si petites...) impertinences.
PPPPS: Eh ! l'histoire c'est du pipeau mais pas la morale !
PPPPPS: Stop !